dimanche 30 novembre 2014

LE POUVOIR, FAUTE DE REFORMER, FAIT DE DELIRANTES ET DANGEREUSES REVERIES!

    L'actualité nous bouscule à grande vitesse. Dans ces éditoriaux du mardi, nous avons souvent vu que le gouvernement Hollande-Valls avait le devoir et les moyens de réformer, ceci dans l'intérêt supérieur du peuple français. Ficelé par son idéologie socialiste meurtrière il ne le fait pas.

Faute de rétablir la prospérité de la France, «ces princes qui nous gouvernent» présentement accélèrent la mise en œuvre des réformes intrinsèquement perverses de leur programme politique et social et ceci de façon, l'espèrent-ils irréversible.

Après la loi sur le prétendu «mariage pour tous», c'est maintenant la délirante«théorie du genre»(sic) dont à titre de rééducation on impose l'enseignement aux enfants dès l'âge de trois ans. Une véritable profanation sacrilège.

Pour le «petit reste» qui échappe encore à la propagande générale, la question, lancinante se pose : comment peut-on en être arrivé à cette «pointe extrême de nihilisme» et à ce stade à tout le moins«pré-apocalyptique»? l'on en vient à se demander si à une question aussi difficile et aussi fondamentale il peut exister une réponse valable.

Cette réponse existe. C'est le livre tout récent du Professeur Pichot-Bravard éminent spécialiste «d'Histoire du Droit et des idées politiques. «La Révolution Française»; édité chez Via Romana.

Ce n'est pas un nouveau manuel d'Histoire, mais bien la plus intelligente recherche de la signification des faits et événements survenus en France entre 1780 et 1799 (année du coup d'état de Brumaire). Nous devons l'analyse qui suit à notre très talentueux ami Antoine Périnet.

-«La Terreur, dont les républicains purs ne proclament le règne qu'en 1793, date pour tout homme impartial du 14 juillet 1789 je serais personnellement en droit de la faire remonter plus haut» ((Malouet député à l'Assemblé constituante). -«La Révolution est un BLOC. Cette admirable révolution d’où nous venons n'est pas finie...elle dure encore. Il faut donc que la lutte contre les ennemis de la révolution dure jusqu'à ce que la victoire soit définitive». Clemenceau à la chambre en 1891.

Ces deux excellentes citations peuvent servir de frontispice au livre. Elles condensent exactement ce qu'à été réellement la révolution. Comme l'établit le Professeur P-B : Elle est un tout marqué dès le début par le recours à la Terreur et à l’horreur de massacres atroces appelés à se perpétuer jusqu'à la fin des temps.

Comme il se doit l'auteur traite en premier de ce que peuvent être les causes d'un cataclysme aussi ravageur, question difficile et controversée.

La plus connue, la plus invoquée, c'est le déficit chronique du Trésor en suite notamment des dépenses de la guerre des Amériques. C'est faute d'avoir pu obtenir des financiers, les prêts permettant d'éviter la Banqueroute, que Louis XVI se résigne en 1788 à convoquer les états généraux. En même temps il appelle à la direction des Finances publiques le banquier genevoix Necker aussi surfait que son action qui se révèle néfaste. La décision va donner le coup d'envoi au processus révolutionnaire.

Et ce alors que dans une France qui s'enrichissait la crise financière pouvait parfaitement être réglée. Plus grave est le malaise social résultant du maintien de «privilèges» (au sens courant du terme) et de la réaction nobiliaire survenue à partir de 1781, malencontreuse et rétrograde. Au lieu de jouer un rôle conservateur, la bourgeoisie se trouve incitée à participer à la contestation de la Monarchie traditionnelle.

Plus grave encore cependant reste l'incapacité de Louis XVI «de faire le Roi» et à imposer les réformes nécessaires aux égoïsmes des notables réunis en Assemblées.

Cela dit, après avoir il est vrai commencé son Règne par la faute capitale du rappel des parlements si heureusement mis au pas par la réforme du grand ministre Maurepas. Enfin à juste titre Pichot-Bravard relève que ce sont des influences intellectuelles qui sont avant tout à l'origine de la «révolution dite française». A la suite de Descartes et des philosophes anglais, Hobbes notamment, le «siècle des Lumières» entend refonder les institutions politiques, l'organisation sociale et l'homme lui-même selon les préceptes de la seule raison en se passant de toute transcendance. Cela en vue d'assurer à l'humanité «l'accès au Bonheur pour tous», cette «idée neuve en Europe». Bonheur d'ailleurs essentiellement matérialiste.

Pour ce faire l’État devra être pourvu de pouvoirs absolus, afin s'il le faut, de «forcer les gens à être heureux». Tel est le fond doctrinal qui inspire l'action des différents acteurs de la Révolution. En une remarquable synthèse l'auteur décrit les luttes entre les différents courants, clans et factions. Avec la montée irrépressible de la Terreur qui, co-essentielle à la révolution, commence dès le 14 juillet 1789 pour cesser de façon presque accidentelle avec la chute de l'«Incorruptible» (1794).

S'ensuit la«réaction Thermidorienne», «extravagante, festive et luxueuse» avec des Incroyables, et sa jeunesse dorée, ses ventres pourris, ses Merveilleuses et auges «sans chemises» (remplaçant avantageusement les sans-culottes).

C'est finalement le Général Bonaparte qui ramène l'«ordre dans la rue», mais cristallise aussi les acquis de la Révolution: immense transfert de la propriété, primauté absolue de l’État, loi devenue l'expression de la volonté générale (en fait des groupes de pressions successifs) : La perpétuation de la Révolution dans les esprits est assurée.

Avec une rigueur quasi scientifique et un incomparable brio, le Pr P-B établit que la révolution continue présentement avec la répudiation de toute transcendance authentique, la volonté de faire une complète table rase du passé d'avant 1789, l'appropriation de l'enfance en vue de l’appropriation des intériorités, tout cela pour parvenir à des institutions, à un monde et à un homme nouveau, le « parfait citoyen républicain ». Sans se priver à cet effet d'avoir recours à une vraie terreur, celle de la pensée unique, l'idéologie dominante, promesse de salut, doctrine de combat.


Preuve, si besoin était, la citation tirée du livre de M. Peillon et la mise en œuvre fanatique de la «rééducation» des enfants par l'immonde théorie du genre. Dans ce combat, notre combat, qui, comme la révolution, continue, il faut remercier chaleureusement ce magnifique historien pour ce chef d’œuvre d'érudition, à la lucidité incandescente, athénienne. Ce n'est que d'élémentaire justice de le saluer de l'épée. »

Merci encore à notre ami Antoine PERINET auquel nous devons cette analyse.


En conclusion, il faut souligner de grandes ressemblances entre la situation d'aujourd'hui et celle que décrit le livre.

Le désastre financier est bien là dans des dimensions fabuleuses. La dette atteint des sommets et ne cesse d'augmenter. Provisoirement gérée elle éclatera comme une bombe si l'inflation repart.

Les gouvernements de la fausse droite comme de la vraie gauche, fraternellement unis, ont mis en place un système énarcho-socialiste où tout le monde dépend de tout le monde.

Certains ont pu et voulu échapper. Ceux qui restent, apportent leur tribu à la voracité fiscale. Dans ce contexte, nous sommes tous des privilégiés parfois sans le savoir. Tous nous profitons plus ou moins de la rivière argentée des dépenses publiques.

La volonté de fabriquer un homme nouveau est présente. On le proclame républicain. Cette appellation recouvre n'importe quoi selon le désir fugace de ceux qui détiennent très provisoirement le pouvoir.

L'extraordinaire leçon est à méditer!


Michel de PONCINS

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