dimanche 29 mai 2016

LA LOI TRAVAIL

La France étant toute en clameur aujourd'hui à propos de cette loi travail, nous sommes en pleine actualité.
Personne de sensé ne peut nier que pour créer des emplois, il est indispensable, que les entreprises fassent preuve d'une grande souplesse.
En effet, les entreprises privées sont les seules véritables créatrices de richesse. Pour la créer, il faut qu'elles soient extrêmement mobiles, en suivant le marché au jour le jour.
Cela implique de pouvoir embaucher très vite. Au moment de l'embauche, chaque entreprise doit pouvoir prévoir, par contrat, les conditions préalables du départ. Cela déplaît, évidement, aux syndicats, qui considèrent que les entreprises créent ainsi un code du travail à leur mesure.
Cela implique également de pouvoir débaucher rapidement quand le marché n'est plus là. Ce qui choque, à nouveau, les syndicats, qui constatent que les entreprises se créent un code du travail à leur propre service.
Il faudrait tout de même se rappeler que dans l'état actuel des choses, les syndicats ont un pouvoir considérable. Pensons aussi que, dans l'organisation actuelle, la France croule sous le nombre des codes, et le code interne du travail, propre à chaque entreprise, remplacerait le code du travail officiel, qui est illisible par son immensité et sa complexité.

Le Gouvernement, malgré ses entendances gauchisantes, s'est bien aperçu du problème. Le résultat a été la rédaction du projet de loi travail El Khomri.
Mais il se trouve que par suite d'additions successives et d'innombrables amendements, ce projet de loi s 'est trouvé vidé de sa substance.
Il va aller devant le Parlement et sera adopté par la procédure de l'article 49.3.

Devant cette action de force probable, les syndicats sont très en colère. La CGT mène la danse, il est vrai qu'elle a fort peu d'adhérents. C'est un moyen idéal, pour elle, d'essayer de refaire surface.

Du côté du MEDEF, Pierre Gattaz ne montre, lui non plus, aucun enthousiasme pour ce projet de loi. Il estime, en effet, que cela ne mène à rien de concret en vue de faciliter la vie des entreprises.

En attendant, il y a un magma général de mécontents dans le pays. Une sorte de fédération de mécontents. Cela s'incarne, en particulier, dans le spectacle de la nuit debout. La nuit debout est en fait un phénomène insupportable, dont le résultat pratique est la fermeture des magasins riverains qui découvrent le matin un désordre insoutenabe à nettoyer.

Il y a deux conséquences majeures à cette situation de fait.
La première est que le PIB, instrument habituel de mesure de la prospérité des nations, est gravement compromis. Personne ne peut évidement en effectuer le calcul. Même ceux qui, à Bercy, prétendent pouvoir le faire, sont bien incapables de le réaliser exactement.
Une autre conséquence se situe sur le plan international. Dans le monde entier, la France est réputée comme décidément une nation malade qui ne se guérira jamais de ses problèmes.

Que faut-il pour en sortir ?
Il est évident qu'il faudrait un nouveau pouvoir, capable d'innover fortement en donnant aux entreprises toute la liberté nécessaire. La difficulté est que ce nouveau pouvoir ne peut pas arriver dans la configuration politique actuelle, où Gouvernement, Parlement et Sénat sont complètement prisonniers de leurs idées gauchisantes. Changer toutes les lignes reviendrait à se renier soi-même, c'est-à-dire à refuser le fondement socialiste de base. Or cette perspective paraît aujourd'hui impossible.

Devant le désastre dans lequel la France s'enfonce, avec l'accumulation des dettes, y aura-t-il du nouveau ? C'est, après tout, possible, et qui vivra, verra...


MICHEL DE PONCINS


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